Longtemps, longtemps, j'ai attendu de tes nouvelles.
Ne voyant rien venir par la main du facteur,
J'ai guetté les oiseaux des quatre coins du ciel,
Les merles, les moineaux, les pigeons voyageurs...
Je leur ai demandé de me parler de toi,
Et de me rapporter de leur lointaine course
Un petit bout d'azur, de neige ou de Grande Ourse :
Aucun n'est revenu, je ne sais trop pourquoi.
Au crépuscule alors j'ai supplié le vent
De me chanter de toi le reflet d'un sourire.
Il m'a jeté,hélas dans un éclat de rire
Quelques feuilles jaunies mortes depuis longtemps.
Il y avait des mots gravés en leurs nervures :
Silence, solitude, ennui, doute, tristesse.
De ces mots que le vent jetait à ma figure,
Pas un n'était de toi, écho de ta tendresse.
Où ne t'ai-je cherché ? Jusqu'au fond de l'absence,
Jusqu'au bord de l'abîme où s'engouffrait mon rêve ;
J'ai épelé ton nom sur le sable des grèves,
Sur le rivage bleu dont j'avais souvenance...
La mer entre ses bras m'aurait su consoler,
Me bercer du soupir de la vague endormie.
Alors j'ai fait mon rêve plus long que la nuit
Mais la mer ne m'a pas prise en ses flots bleutés.
Longtemps, longtemps, j'ai espéré de tes nouvelles.
Vent, mer, oiseaux lointains, eux m'ont tous oubliée,
Mais toi ! L'aurore vient. Le jour tombe du ciel
En poussière de lune, en larmes de rosée.